// Biographie
De tous les auteurs de Science-Fiction, Philip K. Dick est sûrement celui qui a le plus donné envie d'écrire à la nouvelle génération d'auteurs du genre. Cela est dû, bien sûr, à la qualité incontestable de son œuvre, mais aussi à la fascination qu'inspire la vie même de l'auteur — une vie dominée par le doute, la remise en question du réel, jonglant continuellement avec le concept du simulacre et la peur de découvrir que le monde qui nous entoure n'est qu'un décor de théâtre.
C'est en 1955 que Dick publie son premier roman, Loterie solaire. Mais il faut attendre encore quelques années pour qu'il mette en place son univers — un univers où le réel vacille en permanence, où les certitudes s'effondrent, où la question "Qu'est-ce qui est réel ?" est posée avec une angoisse sincère et obsessionnelle.
Le simulacre comme moteur narratif
L'idée maîtresse de toute son œuvre tient en une phrase : "Le monde dont nous faisons l'expérience n'est pas le monde réel, mais autre chose, une semi-réalité, un leurre." Cette intuition traverse tous ses romans, du Maître du Haut Château — prix Hugo 1963, construit à l'aide du Yi-King — à Ubik, en passant par Blade Runner (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?).
Au début des années 60, en pleine crise personnelle, Dick produit son chef-d'œuvre : Le Maître du Haut Château, uchronie vertigineuse dans laquelle les Alliés ont perdu la Seconde Guerre mondiale. Le roman lui vaut le prix Hugo et une reconnaissance internationale durable.
La décennie 70 et la "Trilogie divine"
À partir des années 70, la confusion entre son œuvre et sa vie privée devient totale. Dans Substance mort, il règle ses comptes avec la drogue avec une noirceur saisissante. Puis vient ce qu'il appelle lui-même la "Trilogie divine" (Siva, L'Invasion divine, La Transmigration de Timothy Archer) — fragments d'une quête mystique qui occupe les dernières années de sa vie.
Philip K. Dick meurt le 2 mars 1982, quelques semaines avant la sortie du film Blade Runner de Ridley Scott, qui le consacre définitivement auprès du grand public mondial.
