// Biographie
Ursula Kroeber Le Guin (1929–2018) est l'une des plus grandes voix de la science-fiction et de la fantasy du XXe siècle. Fille d'un anthropologue et d'une écrivaine, elle a grandi dans un foyer intellectuel hors du commun qui marquera profondément une œuvre à la croisée de la littérature, de l'anthropologie et de la philosophie politique.
Son cycle de l'Ekumen — aussi appelé l'Hainish Cycle — est l'une des créations de worldbuilding les plus cohérentes et les plus humanistes de toute la SF. Une galaxie habitée par des humains génétiquement apparentés, séparés depuis des millénaires, qui se redécouvrent lentement. Pas de guerre des étoiles, pas d'empire galactique : juste des rencontres, des incompréhensions, des lentes réconciliations.
La Main gauche de la nuit
La Main gauche de la nuit (1969) est son chef-d'œuvre. Un envoyé terrestre arrive sur Gethen, une planète dont les habitants n'ont pas de sexe biologique fixe — ils alternent entre phases asexuées et phases de rut pendant lesquelles ils peuvent être de n'importe quel sexe. Le roman utilise la SF comme laboratoire pour examiner ce que le genre fait à nos sociétés, à nos relations, à nos perceptions.
C'est une œuvre profondément féministe — non pas militante, mais structurellement subversive. En retirant le genre, Le Guin révèle à quel point il organise tout.
Un legs immense
Les Dépossédés (1974), sur deux planètes sœurs aux systèmes politiques opposés, est l'une des meilleures explorations du socialisme et de l'anarchisme dans toute la littérature. Le cycle de Terremer (A Wizard of Earthsea) reste parmi les fondations de la fantasy moderne. Son influence sur des générations d'auteurs — de Becky Chambers à China Miéville — est incalculable.
