// Chronique
Le Canterbury Tales de la science-fiction
Dan Simmons a eu une idée de génie : construire un space opera épique sur le modèle des Contes de Canterbury de Chaucer. Sept pèlerins, sept histoires, sept raisons d'aller mourir sur Hypérion. Et une créature — le Gritche — qui incarne la mort, le destin, et quelque chose d'indicible.
Hypérion a remporté le prix Hugo 1990. Il reste l'un des space operas les plus ambitieux et les plus réussis jamais écrits.
Sept histoires, un monde
La structure en récits enchâssés n'est pas un artifice — c'est le cœur du roman. Chaque histoire révèle un aspect différent de l'univers de Simmons : l'Histoire de l'Érudit (un père regarde sa fille vieillir à rebours, vers l'enfance) est déchirante. L'Histoire du Prêtre introduit le Gritche dans toute son horreur. L'Histoire du Détective privé est un hommage au roman noir.
Ensemble, elles composent un portrait d'une civilisation à la veille de son effondrement.
L'intelligence artificielle et l'humanité
Sous l'aventure, Hypérion est une réflexion profonde sur la relation entre l'humanité et les intelligences artificielles qu'elle a créées — une relation de dépendance, de méfiance, et peut-être de nécessité.
La suite (La Chute d'Hypérion, puis le diptyque Endymion) approfondit ces questions, mais le premier tome se suffit à lui-même. Un chef-d'œuvre.
