// Chronique
Le roman qui a inventé le futur
Neuromancien a été écrit par un homme qui n'avait jamais touché à un ordinateur. C'est peut-être pour ça que son vision du cyberespace est si libre, si littéraire, si vraie — non pas techniquement, mais émotionnellement.
Gibson a inventé le mot "cyberespace" et toute l'esthétique qui va avec : les villes verticales saturées de néons, les implants neuronaux, les corporations toutes-puissantes, les hackers mercenaires. En 1984. Quarante ans plus tard, nous vivons dans une pâle copie de son imaginaire.
Une prose unique
Ce qui distingue Gibson de ses contemporains, c'est son style. Dense, elliptique, poétique. Les premières pages de Neuromancien sont parmi les plus citées de toute la SF :
"Le ciel au-dessus du port avait la couleur d'une télévision réglée sur un canal mort."
Une seule phrase qui dit tout : ce monde est artificiel, saturé, vidé de sens naturel.
Verdict
Difficile à lire si vous n'êtes pas préparé à son style. Mais une fois que vous entrez dans le flow, c'est inoubliable. Le cyberpunk commence et finit ici.